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La Gauche Moderne est le prolongement d’un club politique dénommé « Gauche Moderne » fondé en 1999 par Jean-Marie Bockel, maire de Mulhouse, à l’époque député socialiste du Haut-Rhin et aujourd’hui secrétaire d’État à la Justice.
Autour de lui, quelques amis pour la plupart aussi membres du Parti socialiste, proches de Michel Rocard, de Dominique Strauss-Kahn, voire de Laurent Fabius. Ce club, seul à gauche, revendiquait l’étiquette de « social-libéral », exprimant des valeurs comme la responsabilité et la solidarité, affirmant la complémentarité nécessaire entre droits et devoirs, entre concurrence et régulation, entre marché et rôle de l’État, un État qui devait être impérativement allégé et modernisé, sans perdre pour autant sa capacité à fixer les objectifs, à s’affirmer comme le garant du progrès et de la justice.
Sur ces thèmes, il organisa des débats publics, publia des articles, se livra à un important travail doctrinal et élabora des projets, engagea des relations suivies avec des clubs sociaux libéraux européens, et s’installa, modestement mais visiblement dans le paysage intellectuel et politique français. S’investissant aussi dans la vie du Parti socialiste, dont il représentait un courant, abusivement traité de droitier, le club « Gauche Moderne » fut à l’origine de contributions soumises au débat des militants socialistes et présenta une motion intitulée « pour un socialisme libéral » lors du congrès du Mans en novembre 2005. Motion dont le score fût modeste – moins de 1% – mais qui avait été remarquée à l’époque et signalée, notamment par Max Gallo, comme la plus charpentée, la plus cohérente et la plus novatrice des motions présentées.
Ce score confirmait qu’il était vain de poursuivre la tentative de rénover de l’intérieur ce parti ou de chercher à en modifier la trajectoire. Dès cette époque il était clair que ni la rénovation de la gauche, ni l’action pour la réforme ne pouvaient résulter d’une dynamique venue du Parti socialiste. C’est ailleurs qu’il fallait agir. Certains d’entre nous le quitteront dès la fin 2005, d’autres plus tardivement, pendant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy ou après son élection.
Quoique il en soit, pour nous tous, l’élection du nouveau président représenta un moment décisif de la vie politique, le moment où les lignes pouvaient bouger, où les anciennes frontières pouvaient éclater, où des chances nouvelles s’offraient, où de nouveaux choix s’avéraient possibles. Cette élection pouvait permettre de débloquer notre pays et d’ouvrir la voie du changement.
L’essentiel des membres du club « Gauche Moderne », approuvèrent la décision de Jean-Marie Bockel d’entrer dans le gouvernement de François Fillon et l’accompagnèrent, sans réserves dans sa démarche de soutien à la politique de réforme et de modernisation de la France, engagée par la nouvelle majorité. Avec d’autres, venus d’horizons différents, du centre aux chevènementistes, mais faisant une analyse comparable, avec des militants associatifs, avec des acteurs économiques et sociaux, ils décidèrent de créer un parti politique « La Gauche Moderne. »
Parmi les ministres de gauche nommés par Nicolas Sarkozy, seuls Éric Besson et Jean-Marie Bockel ont choisi de créer un mouvement politique. Mais alors qu’Éric Besson, après avoir hésité, choisissait (avant d’adhérer, à la surprise de beaucoup, à l’UMP !) de limiter « les Progressistes » à un club, se manifestant essentiellement par des conférences ou des débats – souvent de qualité – Jean-Marie Bockel transformait son propre club en un véritable parti politique. Celui-ci se constitua selon un processus qui vit se tenir un congrès fondateur, avec motion d’orientation soumise au vote des militants, une élection des organes dirigeants, une organisation en fédérations dans la quasi totalité des régions et des départements, des interventions publiques sur tous les sujets politiques d’actualité, des commissions qui travaillent – et publient – sur des thèmes tels que l’éducation, la sécurité, l’économie, des présentations de candidats aux élections.
Un site national (www.lagauchemoderne.org), et plus de 20 sites de fédérations relaient les activités, les points de vue et les prises de positions de La Gauche Moderne et permettent un contact et un dialogue avec militants et sympathisants. Ce parti, qui représente le pilier de gauche de la majorité présidentielle (aux côtés des deux autres piliers que sont l’UMP pour la droite et le Nouveau Centre), élément nécessaire à sa victoire et donc à la poursuite de sa politique de réforme, a commencé à se manifester publiquement dès le mois de novembre 2007, avant d’être officiellement fondé lors du Congrès tenu à Suresnes les 29 et 30 novembre 2008, avec la participation de 400 délégués et en présence du Premier ministre.
A ce jour, avec un ministre, un sénateur (Daniel Marsin), deux députés européens (Marielle Gallo et Michèle Striffler), plus d’une centaine d’élus municipaux (bientôt plus d'une dizaine de conseillers régionaux), près de 2 000 militants regroupés en plus de soixante fédérations, et de nombreux sympathisants, des interventions concrètes sur le terrain et une présence médiatique qui s’affirme, ce jeune parti commence à compter dans la vie politique de notre pays.
Marc d'Héré
Article publié sur le site http://lgm.paysdelaloire.over-blog.com/
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